Étienne Greib et un ami.
Part Faure and Faïve
Pour les 57 personnes qui se sont
offusquées d’un soi-disant retard de livraison sachez
que, tout n’est pas si facile. Entre un climat familial
inquiétant, des vacances qui tombent à l’eau et
un temps qui n’est pas sans charmes mais qui pousserait
plutôt à ne rien branler (à part
soi-même) sous la couette en écoutant l’idoine
nouvel album des Radar Bros (« auditorium » Chemikal
Underground/Pias) en boucle qu’autre chose. Tout n’est
pas si facile, la vie est un peu plate, mais disons-le tout de go,
ces petites pastilles de Johanniskraut que mère m’a
suggéré pour lutter contre le vague à
l’âme font leur petit effet. Pour les non comprenants,
c’est du vulgaire Millepertuis, sans Gluten, ni Lactose.
Comme on en bouffe par poignées entières au pays
béni de Michael Karoli.
Oublions ces simagrées auto-apitoyantes et tachons de
résumer, voulez-vous, les deux dernières
émissions. Fin des décrochages régionaux et
épreuves au Trianon, toute la vérité, rien que
la vérité.
Au fait vous connaissez la dernière de Pouffitta 3 ?
M’ayant invité chez elle pour mater
l’émission, elle se décommande au dernier
moment pour une cause noble et incertaine: aller se muscler
fessiers et abdos dans un club de santé.
Alors qu’elle est loin d’en avoir besoin, la
fourbasse.
Comme disent les britons : the word « morue » springs
to mind….
Ça sent rien moins que le roussi de pâté de
chevreau.
Et je n’ai pas de plan B.
Heureusement, elle a réussi à se faire pardonner
tardivement en m’offrant une bouteille de Carola Verte,
l’eau minérale des champions, introuvable à la
capitale.
Heureusement aussi que j’ai une nouvelle amie
d’envergure, La Pinette, qui m’invite in extremis en
ses appartements. Ce qui fut proprement catastrophique pour ma
concentration, puisque qu’une concupiscence inquiète
laisse bien vite place à une franche camaraderie et que les
notes que je prends en l’occasion, bien que striées de
reflections pertinentes ne permettent pas un compte-rendu digne de
ce nom. Une excellente soirée néanmoins qui me pousse
à quitter mon travail dès 16h le samedi pour suivre
la rediffusion.
Oui, je travaille parfois le ouiquende, la sûreté des
institutions culturelles de ce pays est à ce prix.
Fin des présélections à Bruxelles, chez nos
amis belgues avec les inévitables clichés sur ce plat
pays qui est désormais le tien. Bon, j’avoue, La
Pinette ou pas, j’ai loupé le début les deux
fois et notamment ce Daniele, prototype du Rital portant haut la
voix dont nous aurons malheureusement à reparler. Et que Lio
kiffe grave, vu que comme Virginie Effira, elle vient de là
aussi, ce plat pays qui est le tien. *
On attaque avec Laurence, sympathique ribaude à
l’exaltation discrète et à l’accent
certain. Laurence a sa boutique et vend de la lingerie à des
femmes avec leurs seins, sa boutique est une bonbonnière au
charme un peu suranné, mais on s’y sent bien. Seule
concession à la modernité, un détail mais pas
des moindres : elle vend aussi le fameux petit coin-coin pour se
polluer** dans le bain. La Laurence c’est bien simple,
c’est Betty Page remixée par Camille. Et sa prestation
est à la hauteur, c’est la moindre des choses, elle
chante « la complainte du progrès » de Boris
Van, qu’on n’attendait pas à pareille
fête. En plus elle y met les formes, s’approche du Jury
et les regarde un à un, avec un air décidé (ce
que d’aucuns, dont moi, appellent « les yeux du cul
»), n’hésite pas à balancer les feuilles
de notations par terre. À cette échelle, une vrai
Punk. Mais sa prestation vocale ne semble pas impressionner le
jury, mis à part Philou.
Sinclair lui demande :
- Ben dit donc, t’es gentil aujourd’hui ?
Ce à quoi il réplique :
- Je ne sais pas ce qui se passe, Aille ame in lauve wiv ioumaniti
! (traduction : I Am in Love with Humanity)
Laurence n’y survivra pas.
Devant une candidate à forte surcharge pondérale,
Dédé aura ces mots confondants :
- Moi, je voulais faire Gynéco, mais y’avait trop
d’années d’études.
On passe ensuite à Adeline, 17 ans qui chante des matines
jusques aux vêpres. Prototype, bien en chair de la future
Cindy Sander d’Outre Quiévrain, Adeline à un
gros cadavre dans le placard, ce corps qui la tourmente et qui
prenait trop de place. On ne voulait pas nécessairement le
savoir mais puisqu’on nous le dit, sans voyeurisme morbide
aucun, Amandine a passé près d’un an dans une
clinique spécialisée pour faire la paix avec ses
démons et se débarrasser des kilos superflus.
Malheureusement, en plus d’avoir une de ces coupes
Luxembourgeoises comme on en a pas vu depuis l’Eurovision 86,
Adeline pour parler gentiment, est encore un peu massive, du bas
surtout, et chante « L.O.V.E » de Nat King Cole. Un
mammouth en club bouge mieux.
Man :
- Vous reprenez votre souffle comme quelqu’un qui se
noie.
Gros salaud.
On ignore encore ce qui poussera ensuite Virginie Effira, on ne lui
connaissait pas ce talent, à se lancer dans une série
de métaphores fromagères d’un goût
discutable. Notons toutefois que le cas d’Adeline repose la
problématique d’un éventuel Pétainisme
à peine larvé chez nos amis d’M6. Tous les
candidats qui ont eu à affronter des problèmes
personnels s’en sont tirés grâce à la
sacro-sainte famille, on ne compte plus les jeunes gens
coachés par leurs parents, comme si le fait d’avoir
des amis à l’extérieur du cocon, d’aller
à la rencontre de l’autre, de l’étranger,
de l’inconnu était impossible. Mais bien au chaud
avé Popa et Manman qui poussent au cul dans un élan
parfois un peu à peine incestueux, je suis bien, je suis
safe, j’ai la fight attitioude, je suis un artiste en
devenir…
Et les artiste en devenir vont désormais avoir du grain
à moudre avec les fameuses épreuves dites « du
théâtre » puisqu’elle se déroulent
au Trianon, non loin de La Cigale. Tout le monde est monté
à la capitale et est visiblement allé au coiffeur, un
navrant mieux disant capillaire en témoigne. On retrouve
donc Katie, notre pesante Diva américaine qui sera, bien
malgré nous, la mascotte de l’émission
jusqu’à sa prédictable élimination.
Katie, dont un médisant dira que :
- On la regarde, mais on pas vraiment envie de
l’entendre.
Nous lâchera aussi un :
- Je sais que je suis unique mais je sais aussi que tout le monde
sont uniques.
Qui permettra légitimement de douter de la pédagogie
linguistique dans sa totalité.
Grand plaisir personnel pendant les réclames où
l’on constate que le nouveau spot pour une marque de
vêtements suédois (que nous portons tous, à des
degrés divers) est illustré par cette merveille de
chanson que (ma joie) demeure « les fleurs » de Minnie
Ripperton.
Et tant mieux parce que des grandes chansons, les candidats
à l’écrémage n’en verront pas le
bout de la queue d’une.
Il y aura, puisque les compétiteurs se présentent en
ligne, une grande thématique dans le génie commun
autour de
La ligne
Et tout y passe :
- C’était une belle ligne !
- Je me la referais bien cette ligne.
- Les lignes s’enchaînent.
- Dommage, J’ai foutu une ligne en l’air.
Philou aussi a trouvé un gimmick, il lève ses
Wayfarer de temps à autre et nous montre ses yeux. Pour le
coup, conjonctivite ou pas, j’ai pas compté combien de
fois. En revanche on ne compte plus les apparitions de Katie dont
l’omniprésence doit à peine à ses
pittoresques formes sculpturales. Heureusement que j’ai La
Pinette à mes cotés pour donner le change.
Par ligne de 9, on retrouve notre Jules de rockète à
claques, Yolaine et ses béquilles, et Amandine aussi
qui,
comme
je
l’avais
nostradamusquement
prédit la dernière fois
nous la beugle
enfin sa glu infernale des 4 Non Blondes !
La boiteuse nous fait Camille.
Et Manœuvre, toujours
au
taquet :
- C’était une bonne ligne.
Je passe volontairement sur les pseudos délibérations
faussement contradictoires qui sont mises en scène avec une
médiocrité délirante.
Comme dira Mad d’un air entendu:
« Merci
à
tous
et
bravo
à
certains »
Nous allons souffrir le suspense de la mort du siècle avec
Agnès, la maman de Pitou, qui a, comme on dit poliment
« un assent chantant » et va se vautrer avec sa version
lamentable de « j’ai vu » de Niagara. Christophe,
le prof rockeur, qui a mis un joli pyjama en pilou avec des
Repetto’s, est toujours à la pointe du Lo_Fi
Underground avec sa version d’ « hallelujah » de
Jean François Bouclé. Vous vous attendiez à
quoi ? l’hymne officiel de la roupe des Happy Mondays ?
Les délibérations continuent et permettent un petit
épisode xénophobe, qui sera loin, pour des raisons
personnelles que je n’évoquerais pas en public, de me
laisser insensible. Le litige concerne Daniele, le transalpin
pénible, que Lio défend bec et ongles et qui
insupporte Manœuvre au plus haut point. La patrie
d’Asia Argento, de ma colocataire et du lait de Bufflonnes en
boules va prendre cher :
- Y nous ont fait chier à La Coupe Du Monde , on est
obligé de les reprendre, c’est grave, PUTAIN !
Sinclair tente de calmer le jeu en demandant à Lio si elle a
de beaux souvenirs de Rome et là notre Mad, d’un
laconisme implosif qui confine à
l’éternité :
- Moi, on m’a piqué ma montre.
On retrouve un petit suspense de rivalité hypocrite de merde
avec Céline et Cédric, qui vont à
moitié se faire sur scène, se chamailler, se
languedeputer dans le dos. Tout ça pour des pauvres sosies
de Cathie et Étienne dans Hélène et les
Garçons. Et Koxie si t’enlève le K et le X ca
fait OIE. Blah de bloody blah, ces deux-là aussi, on va se
les fader plus que de raison. La cannoise nous fait «
it’s oh so quiet » avec un accent français
inexcusable et ça va pas le faire.
Puis, tel les Poilus aux ordres du Général Nivelle,
les lignes vont revenir et se faire partiellement laminer.
Man :
- Allez, faites rentrez les fauves.
Prévisiblement, Agnès tombera sous le feu ennemi et
les chances d’un avenir possible pour un come-back probable
du Grindcore en France à l’initiative de Pitou restent
une possibilité. Pitou qui, pris d’un tic nerveux
à l’annonce du résultat catastrophique de sa
matrice la semaine prochaine, mettra aussitôt ses doigts non
pas à la bouche mais dedans sa bouche. Mais comme pour
Céline et son blaireau, il faudra attendre la semaine
prochaine pour le savoir.
Sur ce, avec La Pinette nous continuons de rire de bon cœur
en regardant l’écran plat 16/9ème qui nous fait
face. L’émission Les Chirurgiens de L’Espoir,
cruel spectacle en ces jours non moins cruels, où le
débat sur l’euthanasie est relancé avec la
douloureuse affaire Chantal Besire, la maman de Ja Jar Binks. Je
quitte La Pinette, d’un chaste baiser, et rentre en mes lieux
plein d’aise.
Frankreich, 3 Punkt.
Mercredi, Pouffita 2 a de petits problèmes et par
solidarité, je choisis le sérieux de
l’isolement. Ce salopard de Sinclair ayant doublé Mad
avec un sublime ticheurte de Stones, celui-ci se console avec un
pauvre ticheurte de Beatles. Mais Lio enfonce tout le monde avec
une choucroute discrètement AmyWinhousesque. Qui a de
l’impétigo, la pauvre.
Le suspens touche à sa fin pour Charlotte, la fille au
béret rouge de Strasbourg que mon frère connaît
qui continue l’aventure comme Céline et Cédric,
au prix d’uns suspense insoutenable. Elle lui saute au paf
à son fier marin, elle n’en peut plus, on le sent mal
à l’aise, on la sent franchement ghoule. Quand vous
lirez « suspense insoutenable », à partir de
maintenant, c’est du quarante douzième
degré.
Changement d’épreuves pour les colles en trio
où quelques chansons proposées pour filles et
garçons sont :
« Tombé du ciel » de Jacques Higelin, «
tandem » de Vanessa Paradis, « j’attendrais
» version Clode Françoué, dont on sait
désormais avec sûreté qu’il est mort il y
a trente ans, sans JAMAIS AU GRAND JAMAIS prendre la moindre ligne,
bordel. Pas comme ce bon vieux Manu Chao chez Taddeï
l’autre soir. Rarement l’agriculture colombienne
n’aura connu porte-parole aussi discret.
Fatie se fait tèj’ par tout le monde. Bien
qu’elle en prenne considérablement, elle a du mal
à trouver sa place. Mais elle cherche à bouillave, en
profite clairement pour passer une petite annonce :
- Si tu es français et comme moi, tu es fou…
D’heureux tromblonnages d’étudiantes ricaines
reviennent à ma mémoire. Vous seriez surpris de la
spontanéité de ces gens. Je me rappelle aussi un
texto historique envoyé à la cantonade au lendemain
d’un de ces inexcusables forfaits.
- Euh … Ça existe les pilules contre la honte
???
Le statut COTOREP de Yolaine lui vaut un traitement de faveur
désastreux :
- Pour Yolaine, tout déplacement sur scène est un
handicap.
BANDE DE SALAUDS.
Amandine, avec qui elle fait équipe, en rajoute une couche
:
- Normalement, on doit pas voir qu’elle est
handicapée.
Sinclair, proprement IGNOBLE :
- Elle est magnifique avec ses béquilles.
Avec la Sian qui pète du Jazz Vocal en veux-tu en
voilà, elles feront néanmoins fière
équipe. Ou bien Amandine a préféré
s’éclipser au profit de Katie, mes souvenirs sont
confus puisqu’il n’est pas franchement facile de suivre
toute cette macédoine de candidats qui passe au grill.
Thomas qui avait fait « 7 nation Army » des Stripes
s’étale comme une merde, oublie les paroles, mais
Dédé lui conserve toute son estime :
- C’est un concept Brechtien, t’es là et
t’es pas là.
La catastrophe humanitaire continue.
Au moins un point positif, on ne voit jamais Virginie Effira.
Le prof de Beauvais s’est mis avec une équipe de bras
cassés.
Man kiffe, en dépit du bon sens, la petite Margaux.
Et puisque Jules merde aussi, va passer aux aveux, le
scélérat.
Pris en traître, moi j’aurais jamais laissé
passer ça au montage, j’ai clairement entendu:
- Le problème avec les baby-rockeurs c’est
qu’ils n’ont pas la bouteille.
Dé-mas-qué !
Puis, au prix d’un nouveau suspens délibératif
insoutenable, les candidats sont répartis dans trois salles
à l’hôtel et je crois qu’on est enfin
débarrassé de Katie.
Virginie Effira revient, des candidats craquent, nous aussi.
Amandine, pauvrette en larmes se fait consoler par le brave
Moïse, au sujet duquel les Shades m’ont fait quelques
blagues douteuses. On voit qu’ils ont été
à bonne école.
Amandine, effondrée :
- Y’a la fatigue qui me rend dans un état
émotionnel.
Prière et recueillement.
À ce propos, 2 crétins ont massacré «
c’est comme ça » des Rita Mitsouko, Fred Chichin
a dû faire des triples saltos arrière dans sa tombe,
le brave homme.
La semaine s’annonce rude, j’ai un horoscope
d’enfer qui dit que toutes mes planètes vont se
réaLIGNEr et que tout ira mieux désormais. En
conséquence de quoi, je croise par hasard pas moins de 5 ex
en 5 jours. Loin d’y voir un signe de la colère
divine, j’aimerais néanmoins que cela cesse.
Et puis il va falloir continuer à vivre sans Katie,
qu’en fait, je l’aimais bien…
Oh pétard, moi aussi je suis dans un état
émotionnel…
Heureusement que j’ai Julie Merle et La Pinette.
Qui ne sont pas de vulgaires mères célibataires, que
je sache.
À la semaine prochaine, les kids.
* Je tiens à informer gentiment les petits comiques qui ont
osé (dans un forum pathétique dont je tairais le nom)
dire que MA Lio, chantait comme une vache Espagnole alors
qu’elle est Portugaise, qu’ils n’ont pas
intérêt à me croiser dans la rue.
**J’aurais pu dire se branler la chatte. Mais en dépit
des apparences, je suis poli.
*** Tu ne convoiteras point la femme d’autrui. Sauf si
c’est elle qui paie la chambre.





