Part Ouane
J'en ai jamais vraiment eu quelque chose à foutre de la
Nouvelle Star. Non vraiment. J'ai bien dû tomber dessus
à l'occasion, des redifs de nuits, pas plus. Mais depuis que
j'ai appris que Herr Manœuvre faisait partie des
jurés, j'avoue que ça a vraiment commencé
à me travailler. Combien de fois ai-je lu « l'enfant
du rock », sa formidable autobiographie parue au mitan des
années quatre-vingt ? Je ne saurais tout bonnement pas le
dire moi-même. Alors je tiens d'ores et déjà
à préciser que même si je vais passer une bonne
partie de ce blog à faire semblant de me foutre de sa
gueule, sachez que j'ai un respect infini pour cet homme sans qui
nous, et quelques autres, ne serions RIEN.
Et que j'ai pour lui une vraie affection, malgré tout le
rire méchant et vraisemblablement envieux que m'inspire les
petits qu'il défend depuis déjà quelques
saisons. Sauf les Shades, qui sont vraiment des petits
sympas.
Parce que ce qui fait la grandeur du personnage c'est cette absence
totale de prétention, aucun sens de son propre ridicule, une
énergie incomparable, un rapport humain et
décomplexé au hévi métol, un vrai
enthousiasme, parfois contagieux, et surtout à la
télévision.
Car moi aussi j'ai eu 16 ans, et déjà Philou
s'adressait à nous :
- Hey les kids, spécialement pour vous,
The Primitives ! Yeaah ! ».
Et la blonde et les trois sous Shop Assistants de nous faire en
live (yeaah !) un somptueux « Crash », petit tube
mineur d'alors qu'on souhaite un jour aux Plastiscines. Qui sont
des filles charmantes, par ailleurs.
Le seul intérêt de ce programme, à priori,
c'est donc que Phil MAD' Manœuvre revienne dans le poste,
plus ou moins à contre-emploi, et à une heure de
grande écoute en prime.
Mais revenons à nos agneaux bêlants. Pour la
première, j'avais décidé que ce serait bien de
mater ça avec le club des Pouffita's, des filles au taquet
n'ignorant rien des arcanes de la compétition et allant
même jusqu'à avouer dans de grands moments de
désoeuvrement, le visionnage de la StarAc'. Mais Pouffita
1ère étant indisponible et Pouffita seconde ayant un
semblant de bon prétexte valable (la rétrospective
Resnais à Beaubourg) pour décliner, ça sent la
terrine de lapereau et je m'apprête à passer une
soirée quasiment pourrie.
C'est alors que, tels les rois mages débarquent au Popin,
où vous n'êtes pas sans l'ignorer, j'ai mes habitudes
(surtout le jeudi à l'heure du Picon-bière) une
chouette bande de pizzas turques sous la forme des permanents de
Magic. Estelle Chardac, touffe poussin, divine comme à son
habitude, Jeff le stagiaire permanent avec la nouvelle stagiaire,
David notre skater de graphiste, Maribel, qui fait les
chèques et que je bénis au moins six fois l'an, et
notre Christophe Basterra national, fort gaillard comme à
son habitude lorsqu'il ne pouponne pas. La raison de leur
présence matinale en ces lieux : se chauffer avant de se
rendre à la fête pour le lancement de la compil de
reprises de Daho, concoctée par notre sémillant
Franck Vergeade. Et qui, un bonheur n'arrivant jamais seul, se
tient à moins d'un pâté de maison de mon
domicile. Au moins, ma première partie de soirée est
sauvée. Une deuxième pinte de Picon plus tard, nous
nous dirigeons dans ces très classe lieux de perdition (une
galerie d'art) où nous nous gaussons entre gens du milieu
tout en optant raisonnablement pour d'autres bières vu, ce
que mon bon camarade Julien Welter m'a laissé entendre d'un
air non moins entendu, l'âpreté des cépages
proposés...
Mais foutre, il est déjà 21 h 30 et je suis en train
de louper le début de l'émission du siècle, je
subtilise une paire d'Heineken tièdes (alors qu'il y a des
Carlsberg glacées mais que la distribution s'en avère
être des plus parcimonieuses), croise Marco Dos Santos et
monte fissa mes cinq étages avec une agilité de lynx
dont je ne me croyais plus capable.
J'ordonne aussitôt à Putanella, ma coloc et à
son mec (qui a pris une première série de notes en
cette occasion et je l'en remercie mais vu qu'il travaille pour un
mag'télé très connu, je ne peux
décemment pas dévoiler son identité) de zapper
sur M6, on me tend une cigarette qui fait rire, la soirée
peut véritablement commencer.
À ce stade de la compétition, j'avoue que je me suis
fait la redif' du samedi aprème puisque j'avais loupé
le début, mais la première partie des
sélections se déroulant dans la région PACA,
et mis à part la première véritable saillie du
Man devant un candidat reprenant Tool,
-Arriver à faire swinguer du Tool, c'est CARREMENT
invraisemblable !
Je n'en dirai rien par pudeur.
En revanche la deuxième partie se déroule à
Strasbourg, ville où j'ai vu le jour et que je connais bien
pour m'y être essentiellement fait chier pendant 25
ans.
Le Man exulte :
- Strasbourg, c'est LA ville Rock !
On voit bien qu'il n'y a pas grandi.
Pour la petite histoire, Strabourg est une ville tellement rock que
The Cure y a violemment splitté à l'issue de la
tournée Pornography et que Mark Eitzel y a également
sabordé temporairement American Music Club.
Bref, pour la mythologie rock tu repasseras, mon con. *
On suit donc Philou et Sinclair dans leurs prétendues
pérégrinations nocturnes, ils vont à un super
concert Rock au Zanzibar (où j'ai effectivement vu un
concert mémorable des Fatals). Chaude ambiance, Sinclair
allant jusqu'à jammer avec le groupe local (des copains de
mon petit frère). En fait la séquence a
été tournée dans l'après-midi et la
plupart des participants auraient été
rémunérés par la prod' mais bon, on s'en
quiche, l'illusion est parfaite.
Passons aux candidats, on s'attendait à du LOURD, on va se
payer DE LA FONTE EN BARRE, ouais.
Cédric, de Colmar a l'embonpoint caractéristique du
bon local. Bon garçon, il s'avance tout sourire, à
côté Cauet c'est Terence Stamp et…
…Et qu'est ce qu'il va nous chanter Mongolito ?
- (Avec une pointe d'accent) Still Loving You des
Scorpions.
Pété de rire, j'exulte et me retiens de ne pas vous
faire un exposé succinct sur la véritable religion
que constitue ce célèbre orchestre de roche dure
d'outre-Rhin en alsace (le culte dit « du Shenker » y
reste particulièrement vivace, notamment en milieu rural)
surtout connu pour ses slows impayables, dont celui-là. On
sent d'emblée qu'il a dû longtemps hésiter
entre celui-là donc, et « wind of change », le
célèbre morceau sur l'espoir de l'ouverture du mur de
la chute du Communisme, mais dès qu'il ouvre la bouche, le
Caruso haut-rhinois, il est clair qu'Antony, avec ou sans ses
Johnsons, peut prendre sa retraite.
Man est sur le cul :
-En fermant les yeux j'ai cru REELEMENT entendre Klaus
Meine…
Et Dédé Manoukian d'embrayer sur… Meat Loaf
!
Holymotherfuckin'shit, On a déjà gagné sa
soirée.
Philou, magnanime :
-Oh non t'es salaud hé, il est quand même pas aussi
gros !
LOL
Lio (avec qui j'entretiens un très fort lien affectif
adolescent aussi, mais la place nous manque, je vous expliquerais
une autre fois), Lio donc, d'instinct, a tout de suite saisi que
Perlimpinpin a un potentiel de malade, de quoi faire chavirer la
QueerNation d'Hagondange à Mittelhausbergen. Et s'emballe,
cite carrément Freddie Mercury, parle de slips en cuir. N'en
jetez plus, Cédric est pris, nous refait un falsetto sur
« still loving yooooouuuuu » et déclare :
-Pour le slip en cuir Lio, je te prends au mot (homo, t'as
pigé maintenant ?) et ça, au montage, ils le font
passer non pas une mais bien DEUX fois. Ce qui prouve une fois de
plus l'homophobie crasse et à peine larvée de cette
chaîne de droite.
Arrive Cindy 1, petite brunasse bonnasse de Kingersheim.
Drôlesse en diable, on a de suite envie de lui faire des
friponneries. Manœuvre est chaud :
-Alors Cindy ? Tu vas nous faire péter le stayeule (style)
sur quoi ?
Cindy, emporte le morceau tout comme Arnaud, travailleur social qui
nous beugle du Cali, massacre allègrement Amazing
Grace et finis par convaincre sur une de ses compos, où
il a au moins le mérite de nous montrer qu'il
possède, outre de la compassion pour son prochain et un jeu
de guitare à chier, un bon dictionnaire de rimes.
Et c'est là qu'arrive LA star de la soirée
Cindy 2 : La Mission.
Cindy Sanders, esthéticienne à l'Hôpital, petit
bourg Lorrain où elle est apparemment déjà une
bonne vedette. Pour vous la faire courte des Cindy, il y en a au
moins deux par bled dans ces régions reculées
où le culte du Shenker est encore une loi. Cindy est au
jambon à l'os ce que le calamar est à l'encornet. Un
truc différent quoi. Mais la Sanders, malgré son
teint de moule pas fraîche, Dieu, sa mère et son
fiancé lui ont donné la PUTAIN de grosse foi. Elle a
beau ressembler à José Garcia à
l'époque où il se grimait en Cindy Crawford pour
faire le zouave avec De Caunes (véridique), elle a un PUTAIN
de melon. Du jamais vu.
Citation :
-On me dit souvent que j'ai exactement la même voix que
Céline Dion mais bon faut que les choses soient claires.
Céline Dion c'est Céline Dion, Cindy c'est
Cindy.
On croit rêver.
La Castafiore des favelas de la Sarre va faire chou blanc.
Et c'est le massacre annoncé.
Dédé :
-Je voudrais juste que vous arrêtiez de chanter
Mad, grandiose :
-Vous chantez comme au XXe siècle !
Mais elle s'accroche, Porcelina, elle lâche pas l'affaire
:
-Mais prenez- moi ! je veux apprendre !
Comme si depuis quinze ans qu'elle brame dans les commisses
agricoles, elle avait encore quelque chose à
apprendre…
Comme diraient la voix off et Kevin Moulback en chœur :
- Pour Cindy, c'est une énorme
déception.
Depuis, on a appris que Cindy avait déjà fait refaire
sa maison grâce à M6 Déco.
Je ne suis pas le seul à la soupçonner d'être
une dangereuse situationniste.
À la semaine prochaine, les kids….
* Cela dit Chalons en Champagne ne doit pas être très
rock non plus.
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